Child of Light, le faux jeu indé qui fait débat

Rédigé par At0mium, publié le 29/04/2014, modifié le 01/05/2014
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Comment ? Parler de Child of Light sur Indie Mag ? Mais attendez, c'est pas indé ! Enfin si, mais pas vraiment... Enfin c'est vrai que c'est tout comme, mais pas tout à fait... Bon, disons le clairement, si du côté d'une bonne partie de la presse la réponse semble évidente, c'est une toute autre chose du côté du joueur lambda qui se retrouve un peu paumé dans tout ça.

C'est suite à la lecture de bien des articles et de nombreux commentaires concernant le jeu d'Ubisoft sur le net que nous avons décidé de réagir. Le but n'est pas de les enterrer, ni de les promouvoir, nous souhaitons juste apporter un peu de clarté et apporter une réflexion sur "le cas Child of Light".

Child of light n'est pas un jeu indépendant

Malgré la présence du terme "indépendant" dans chacun des tests que vous pourrez trouver sur la toile, francophones ou anglophones, comprenez bien que Child of light n'est pas un jeu indépendant. En effet, si on survole un peu dans les détails de production, il faut savoir que c'est une partie (25 à 50 personnes, pour gérer le jeu et tous ses portages) de l'équipe d'Ubisoft Montréal (Assassin's Creed, Far Cry,...) qui était chargée du projet. Or, celle-ci dépendant de l'éditeur qui lui-même dépend de ses actionnaires... On peut difficilement parler d'indépendance financière. Créatrice alors ? Au vu des coûts de productions, le processus de création d'une telle entreprise est lourd et Child of Light n'a pas dérogé à la règle. D'ailleurs, pour ceux qui feront le jeu, vous ressentirez peut-être les deux aspects qui ont sans doute été mis en avant pour aguicher joueurs et investisseurs : la poésie et les visuels faits-mains. 

Mais pourquoi tant de haine ?

Alors que certains sites condamnent le surplus de promotion dont le jeu bénéficie dans la presse spécialisée, d'autres adorateurs de la scène "indie" sont dérangés par la confusion des joueurs face à ce titre d'envergure qui se déguise en jeu indé pour coller à une mode grandissante et en tirer du profit. Mais après tout... pourquoi en faire tout un flan ? Quel est le souci de voir certains gros éditeurs se lancer dans le marché du "petit jeu" pour relancer un peu la machine ? Sans leur jeter la pierre, car ce serait à tort, nous pouvons au moins vous donner un élément de réponse.

Il va de soi que lorsque les joueurs se mettent à catégoriser Child of Light comme étant indépendant, ils en font (in?)consciemment un standard de qualité. C'est à dire que pour le prochain qu'ils auront dans les mains, il feront naturellement quelques comparaisons rapides : durée de vie, équilibre du jeu, diversité du contenu, des décors et des situations ; tant de critères qui naturellement mettront à terre de nombreux titres indés, car un soft créé par 1 à 5 personnes peut difficilement rivaliser sur ces points face à une production d'une équipe de 30 au budget 10 à 100 fois plus conséquent. Le souci d'un tel amalgame est qu'il renvoie implicitement l'idée qu'une petite équipe aurait été capable de créer un tel titre alors que c'est complètement faux. C'est sans doute cette tromperie qui blesse et qui fait peur, d'autant plus que le jeu d'Ubisoft plaît beaucoup à la presse qui parfois semble ravie d'écrire ce genre d'accroche : "notre verdict sur Child of Light, jeu d'Ubisoft développé comme un titre indépendant..." (Jeux Actu).

Un vent d'espoir

Maintenant, il serait injuste de ne parler que des mauvais côtés de l'apparition de "petits jeux" faisant "comme les indés". En effet, si le succès de Child of Light peut pousser les gros éditeurs à financer davantage de projets différents du FPS, RPG occidental ou jeu d'action/aventure à monde ouvert, c'est une très bonne chose ! On pourrait enfin sortir de cette spirale infernale où tous les jeux se ressemblent pour coller à des modèles établis depuis maintenant presque 10 ans. Quant aux développeurs indépendants, il continueront hélas de suer sang et eau pour réussir à se faire une place sur le difficile marché du jeu vidéo, en explorant tous les moyens de financement possibles pour mener à bien leur projet. D'ailleurs, certains studios n'ont pas froid aux yeux et tentent même de rivaliser avec les grands, en témoignent les titres Lichdom, A Hat in Time et The Last Tinker. Enfin, si le succès d'un Child of Light peut amener des joueurs à s'intéresser davantage aux productions atypiques, ça ne peut pas être une mauvaise chose ! Si l'on voulait se faire devin, je pense que nous pourrions miser le nom de domaine du site sur le fait que d'ici un ou deux ans Ubisoft fera l'annonce d'un rogue-like (pourquoi pas à l'E3 ?) typé indé... On prend le pari ?

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