The Swindle : le rogue-like du cambriolage so british

Test - The Swindle : le rogue-like du cambriolage à l’anglaise

 Avorpal
Rédigé par Avorpal
Publié le 12/08/2015

Soyons honnêtes cinq minutes : étant enfant, personne ne voulait jouer le gendarme quand il était possible d’incarner le voleur, celui qui commettait son larcin dans la plus grande discrétion et si possible, avec classe et panache ! The Swindle, du studio Size Five Games, c’est un peu cette promesse d’être toujours du côté du voleur, celui qui doit s’infiltrer dans de luxueux manoirs pour en dérober les richesses et ce, sans se faire griller par la sécurité. Une idée séduisante ? Oui. Est-ce pour autant réussi ? Nous allons le découvrir de ce pas dans ce test !

Cent jours

Le scénario de The Swindle est d’une simplicité enfantine justement. En tant que maître cambrioleur « so british », nous apprenons que Scotland Yard est sur le point d’activer une puissante machine, la Basilique du Diable. Cette dernière posséderait une capacité de surveillance illimitée, stoppant net la carrière de tous les cambrioleurs du pays. Une catastrophe que nous nous devons d’empêcher ! Pour ce faire, nous disposerons de cent jours, et pas un de plus, pour retrouver la trace de cette machine et la dérober.

Si cette histoire tiendrait allégrement sur une feuille de papier à cigarette, l’intérêt de The Swindle tient principalement dans son gameplay. En effet, dans le but de remonter jusqu’à la Basilique du Diable, il va falloir se constituer un joli magot afin de se payer des améliorations et de nouvelles technologies qui faciliteront notre besogne de voleur.

Un gameplay frustrant

Se définissant lui-même comme un RPG, The Swindle est plutôt à envisager sous l’angle du rogue-like de type die and retry. Aux commandes d’un maître cambrioleur, nous allons infiltrer un manoir généré au hasard afin d’y voler tout l’argent s’y trouvant avant de prendre la poudre d’escampette et ce, sans se faire remarquer par les patrouilles et autres caméras de sécurité. Bien sûr, ça c’est dans la théorie parce qu’en pratique, vous allez nécessairement vous faire repérer. Souvent. Si lors des premières minutes, The Swindle se déguste comme un bon petit cocktail agréablement fruité, le jeu passe rapidement à la vitesse supérieure question difficulté et c’est du charbon saucé à l’huile de vidange que vous allez devoir avaler.

Effectivement, beaucoup d’éléments de gameplay, voulus ou non par les développeurs, transforment The Swindle en une expérience à faire passer Dark Souls pour une cueillette de champignons avec mamie. Comprenez que The Swindle est un jeu d’infiltration qui par certains côtés, ressemble à Mark of the Ninja. Mais si Klei nous avait proposé un gameplay exemplaire, il n’en va pas de même pour The Swindle : sauts imprécis, glissades le long des murs utiles mais dont il est difficile de s’extraire sans décoller de plusieurs mètres et de ce fait, se retrouver nez à nez avec un vigile ou encore hitbox parfois douteuses.     

Mission quasi impossible

Mais après tout, un gameplay, aussi ardu soit-il peut s’apprivoiser et l’on finit par gagner une certaine liberté de mouvement renforcée par l’achat d’aptitudes allant dans ce sens (double et triple sauts, rapidité de course…). Seulement voilà, The Swindle est injuste sur un autre point. Comme nous le disions plus haut, les différents manoirs à cambrioler sont générés d'une manière tout à fait hasardeuse. Pour obtenir le plus d’argent possible d’un cambriolage, il faut avoir ramassé tout l’argent du lieu en question et ne pas s’être fait repérer. Plus nous enchainons de missions réussies et plus le coefficient multiplicateur du bonus de notre voleur augmente (un peu comme un combo dans un shoot’em up).

Mais en vérité, il vous sera quasiment impossible de finir une mission à 100% pour une raison toute bête : à certains moments, le niveau aura décidé que le dernier dollar que vous devez empocher se trouve sur une micro plate-forme entourée de piques, sur laquelle se tiennent deux gardiens qui sont eux-mêmes surveillés par une caméra de surveillance. Mission impossible ? Assurément. Sauf que la frustration jouera probablement en votre défaveur et vous incitera à prendre le risque, ce qui entrainera votre mort. Et qui dit mort dit reset du coefficient et donc beaucoup moins d’argent. Ainsi qu’un nouveau personnage à l’apparence différente mais qui gardera les capacités que nous avons déjà acquises.  

Anglais ET steampunk

Récolter de l’argent est crucial pour deux raisons : vous permettre d’acheter tout un tas d’améliorations et équipement (bombes, camouflage…) ainsi que débloquer les différents niveaux menant à la Basilique du Diable. Oui, vous avez bien lui, chaque niveau est à acheter avec ses sous ! En attendant d’avoir récoltés assez de billets verts pour passer à un nouvel environnement, nous sommes donc condamnés à jouer en boucle le même environnement qui certes, se renouvelle mais se renouvelle de manière aléatoire (cf le point exposé plus haut). Et attention, n’échouez pas trop souvent dans vos missions car vous n’avez « que » cent jours pour atteindre la fin du jeu. Si vous ratez votre coup, game over et retour à la case départ sans même tenir compte de toutes les améliorations que vous avez durement acquises à la sueur de votre front. L’injustice frappe encore.

Ceci dit, pourquoi The Swindle, malgré tous les points noirs que nous avons soulevés, resterait un jeu à tester au moins une fois pour ceux qui aiment le genre ? Tout d’abord, il faut bien le reconnaître, sa direction artistique, d’inspiration steampunk, est somptueuse. Couplée avec une bande-son signée d’un certain Tobey Evans qui pose une ambiance intimiste collant parfaitement au jeu, The Swindle finit par se laisser apprivoiser. Nous comprenons après quelques heures que les développeurs n’ont rien fait pour nous faciliter la tâche et pour cela, nous ne les remercions pas. Mais au-delà de l’injustice de son gameplay, The Swindle nous procure de véritables moments de pur plaisir – passer au nez d’un garde qui venait tout juste de se retourner, esquiver le faisceau de la caméra de sécurité et s’enfuir butin en poche par la fenêtre avec classe et panache. Mission accomplie.

moyen
INJUSTEMENT ARDU

Notre avis :

Loin d’être exempt de défauts qui plombent le gameplay, The Swindle n’en reste pas moins une excellente idée qui finira, après quelques heures de jeu, par devenir agréable pour ceux qui auront eu la patience de dominer la bête. Pour ceux qui pensent que difficulté est synonyme d’urticaire, passez votre chemin, vous vous épargnerez quelques crises de nerfs. À noter que les développeurs travaillent de concert avec leur communauté pour améliorer certains aspects du jeu à travers des patchs. À suivre.

The Swindle : Le RPG du cambriolage à l'anglaise ! | Indie Review (PC/Mac/Consoles))

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12 commentaires

Comments

 Ninkà
Ninkà 24 August 2015 à 14h55

Merci pour ce test bien construit et plaisant à lire. J'aime beaucoup l'ambiance mais ça à l'air tellement louuuuuuuuuuuuurd. A voir.

 Alayric

les différents manoirs à cambrioler ne sont pas générés procéduralement mais bien aléatoirement
MortMuet
Ça ne veut pas dire grand chose.
 Avorpal

Euh si, je ne vois pas le soucis.

 Nival
Nival 12 August 2015 à 15h32

Bah en fait, en réalité, une génération de niveau "aléatoire" ça n'existe pas, ou sinon ça donnerait une succession sans queue ni tête de cases murs/espace/ennemis/autres éléments, dans lequel aucun cheminement ne serait possible.

Pour faire un niveau jouable, la génération doit forcément répondre à des règles déterminées par le programmeur, une "procédure" quoi. Après, ces règles sont plus ou moins "cadrées", et donne lieu à un résultat plus ou moins "contrôlé", à même d'éviter ou non certaines situations incongrues.

Le niveau résultant sera d'une certaine façon effectivement "aléatoire", puisque non prévisible. Mais la génération est toujours d'une façon ou d'une autre procédurale.

 Avorpal

Tu es plus calé que moi techniquement c'est clair mais là, je souligne juste le fait que certains passages sont effectivement sans queue ni tête. Tu m'excusera mais foutre le dernier ordinateur à pirater au beau milieu d'un mur et sans aucun accès, je n'appelle pas ça quelque chose de généré avec de bonnes règles, c'est pourquoi j'emploie sans me gêner le mot "aléatoire". Parce que parfois, c'est généré n'importe comment et ça rend le niveau infaisable. Après, je ne suis pas développeur et je manque encore de connaissances sur des détails techniques mais je pense le message est passé.  

 Nival
Nival 12 August 2015 à 16h35

Oui oui, perso j'avais bien compris, c'est pour ça que je répondais aux propos d'Alayric ce que'il y a juste en dessous Clin d'oeil .

manifestement, la génération procédurale laisse trop de place à l'aléatoire
 Avorpal

Si certains n'ont pas compris, c'est que ce n'est pas assez clair. Je change ! Merci pour la remarque bro Content

 Alayric

Merci d'avoir utilisé des mots plus judicieux, c'est bien mieux comme ça ! On a définitivement perdu le sens de "rogue-like" donc autant essayer de sauver ce qui est encore sauvable.

 Nival
Nival 12 August 2015 à 15h16

Pas faux... Géné
Disons que manifestement, la génération procédurale laisse trop de place à l'aléatoire Clin d'oeil .

 Mad514
Mad514 12 August 2015 à 14h30

@Avorpal, Y'a une coquille à "Vous avez bien lu" dans le 4ième paragraphe; il manque un "garde" dans ce même paragraphe également Clin d'oeil

Sinon c'est vrai que le jeu est dur, surtout par l'absence de tutoriel ou d'astuces bien indiquées; appuyer deux fois sur saut pour sauter deux fois, ça me parle. Mais hacker les mines ? Ça m'aurait été utile de savoir qu'on peut le faire. Après c'est pas forcément négatif, ça force à essayer et prendre des risques. Conseil : prenez des risques, essayez des trucs dans vos premières parties quitte à vous foirer lamentablement Ravi et recommencez de plus belle

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