Test - Inside : une œuvre incontournable

 Avorpal
Rédigé par Avorpal
Publié le 11/08/2016

Il y a des tests qui sont faciles à écrire. Il suffit de jouer puis de livrer ses impressions et ses observations à nos chers lecteurs pour qu’ils décident si oui ou non, ils vont se lancer eux aussi dans l’aventure. Et puis il y a Inside. Après trois heures de jeux, une pléthore d’émotions et une baffe transcendantale dans le visage, une question subsiste : comment écrire un test qui rende hommage à un tel chef d’œuvre ?

L’après Limbo

Remettons Inside dans son contexte. Développé par le studio danois Playdead et sorti le 7 juillet 2016 sur Steam, Inside est le petit frère spirituel d’un certain Limbo – que l’on ne présente plus tant il a longtemps été l'un des porte-étendard du jeu vidéo indépendant. À première vue, Limbo et Inside se ressemblent sur de nombreux points : une vue 2D similaire, un gameplay proche, un jeune garçon en guise de héros, même atmosphère à base de contrastes fortes…

Et pourtant, ne vous y trompez pas, Inside n’est pas une suite ou un clone de Limbo. Il reprend en vérité une même recette et y ajoute tellement d’idées et tellement de subtilité qu’il en sublime le matériau qu’avait été le premier projet de Playdead. Nous pourrions même affirmer qu’Inside est à l’heure actuelle la version ultime et parfaite de Limbo. Oui, rien que cela.

Lâchez les chiens !

Tout commence dans une forêt. Un garçon au pull rouge court comme si sa vie en dépendait. La prise en main est immédiate et nous comprenons rapidement que nous n’aurons besoin que de deux boutons et d’une croix directionnelle pour mener notre héros vers le destin qui l’attend. Très vite, nous sommes confrontés à la cruauté d’Inside. Des hommes dont nous ne savons rien semblent nous traquer.

À peine nous repèrent-ils à la faveur d’une lampe torche ou des phares d’un camion qu’ils nous prennent en chasse et nous lâchent leurs chiens enragés. L’ambiance est oppressante et sans qu’une seule explication ne nous soit fournie, nous prenons peur pour la vie de ce petit garçon. Et c’est là toute la force d’Inside : sa puissance évocatrice via ses paysages détaillés et ses scènes surréalistes auxquelles nous assistons voir subissons durant notre progression sans que le moindre mot ne soit prononcé ou écrit.

Peaufiné dans les moindres détails

Malgré cette ambiance étouffante due à la désolation d’un monde qui semble devenu fou et ravagé, Inside nous captive de bout en bout de telle sorte qu’il est très difficile de lâcher la manette une fois l’aventure démarrée. Notre progression est fluide, les quelques rares énigmes rencontrées ne nous retiennent pas longtemps et à aucun moment, une maladresse visuelle ou un bug graphique nous retire cette précieuse immersion. Inside est définitivement un jeu terminé, travaillé dans ses moindres recoins, aussi bien du côté de ses animations somptueuses que du sound design qui alterne instants de silence et bruitages lourds, métalliques, inquiétants.

Pour tout vous dire, l’auteur de ce test s’est profondément creusé la tête pour trouver des défauts à Inside ou tout du moins, au moins un élément négatif qui contrebalancerait la pluie d’éloges reçue jusque-là. Mis à part qu’Inside est déconseillé aux âmes sensibles – certains passages sont d’une atrocité rare pour un jeu vidéo – nous sommes bien incapable d’y trouver quoi que ce soit à redire. Inside est un chef d’œuvre qui mérite toute votre attention. Point.

excellent
MAGISTRAL !

Notre avis :

Des graphismes et des animations somptueuses, un sound design maîtrisé de bout en bout, une narration suggestive qui réussit le pari de nous tenir en haleine jusqu’à la fin et à nous surprendre continuellement jusqu'au générique de fin sans nous prendre par la main pour nous dire quoi penser ou quoi ressentir… Inside brille décidément sur tous les points. Au-delà d’être un excellent jeu, Inside est une leçon magistrale de bon goût et d’intelligence qui nous l’espérons, inspirera de nombreux créateurs par la suite. Sans y aller par quatre chemins, jetez-vous sur Inside, vous ne le regretterez pas.
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13 commentaires

Comments

 Charlie N0VA

j'ai découvert Limbo par hasard et quand j'ai vu que le studio sortait un nouveaux jeu j'ai eu une hype de fou Content
Et je ne suis pas déçu. un peut glauque mais c aussi se qui fait son charme.
A télécharger rapidement.

 100T hammer

Mouais... je ne serais pas aussi dithyrambique. Tire la langue
L'ambiance, les décors, l'immersion visuelle ou sonore y a rien a dire. Si on n'y est pas, on touche du bout du doigt la perfection.
Mais il y a quand même des points très frustrants, en tout cas qui m'ont frustré moi.
Je vois qu'il y a un thread sur le forum à ce sujet. Je vais y faire un tour.^^

 Nival
Nival 13 août 2016 à 21h51

l’auteur de ce test s’est profondément creusé la tête pour trouver des défauts à Inside

Je me permet quelques pistes Tire la langue

- passé le début excellemment fluide et naturel, beaucoup d'énigmes sont d'un mécanisme très artificiel qui casse la crédibilité de l'univers (et donc l'immersion)

- pleins de bonnes idées malheureusement sous-exploitées (non pas qu'elles auraient dû s'étirer, mais être plus creusées dans leur utilisation), notamment beaucoup de passage sont bien trop simple alors que les corser un tant soit peu aurait offert un jeu bien plus grisant, moins "promenade de santé"

- trop d'énigmes utilisant le même principe d'aller-retour entre des éléments aux vitesses différentes (les poussins, les chiens, les sirènes, les esclaves, ...), dommage

- des thématiques tout juste évoquées, sans rien avoir à dire au final, là encore TRÈS dommage vu la puissance d'évocation de la réalisation qui aurait tant gagner à servir un minimum de fond ! Et puis décevant quand l'aspect très figuratif et démonstratif laisse attendre un minimum de narration d'ensemble (même suggérée de façon minimaliste), quand finalement les péripéties s’enchainent sans cohérence globale

une baffe transcendantale

Neutre J'ai dû rater un truc ...

certains passages sont d’une atrocité rare pour un jeu vidéo

Neutre J'ai dû rater un autre truc ...

Enfin, j'en ai déjà parlé sur le forum, curieux d'avoir ton avis plus approfondi sur la question Clin d'oeil .

 Sidexal

J'ai joué à Limbo il y a 2 semaines, j'avais particulièrement aimé la fin très astucieuse !
Du coup je mets celui-ci sur ma TodoList Content

 Satsuki

Une version Linux bientôt peut-être...?

 SoulGame

100% d'accord avec ce test, INSIDE m'a juste soufflé. Un magnifique exemple de pourquoi la durée de vie d'un jeu est une qualité toute relative. En fait, un roman, qu'il coûte 2€ ou 20€, n'est pas jugé sur son nombre de pages mais sur ce qu'il raconte et comment il le fait. De la même façon, INSIDE dit ce qu'il a à dire, de façon somptueuse, et vaut largement ses 19,99€.

 Guile93

J'ai trouvé le jeu vraiment génial, mais si il fallait trouver un défaut je dirais un peu trop facile à mont gout. C'est bête mais la filiation étant évidente on s'attend à ce que Inside soit ( au moins ) aussi difficile que Limbo, alors qu'en fait les énigmes restent très simple du début à la fin, à la différence justement de son prédécesseur qui lui offrait pas mal de réflexion au fur et à mesure.
Néanmoins on ne peut que conseiller le jeu, clairement un chef d'oeuvre.

 Knils
Knils 11 août 2016 à 12h04

"Pour tout vous dire, l’auteur de ce test s’est profondément creusé la tête pour trouver des défauts à Inside ou tout du moins, au moins un élément négatif qui contrebalancerait la pluie d’éloges reçue jusque-là."

La durée de vie est peut-être un petit peu courte, non?
D'après les évaluations Steam, celle-ci est donnée pour 3 voir 4 heures par de nombreux joueurs.

Même si ça n'est pas un gros défaut en soit, on préfère toujours en avoir un peu plus tellement c'est bien.

 Avorpal

J'en avais parlé dans un post sur le forum il y a peu mais je le répète : pour moi, la durée d'un jeu vidéo n'est pas centrale. Si je veux jouer 100 heures, je me lance un Starbound ou un Terraria mais dans ce cas, nous avons un jeu narratif d'une intensité rare qui à mon avis, se serait essoufflé dépassé les 10h. Perso, quand je finis un jeu et que pendant tout le long, j'ai gardé les yeux grands ouverts et que j'y ai ressenti une tonne d'émotions, je me dis que la durée de vie ne compte pas. C'est comme si j'allais voir un très bon film qui durerait 1h30 et que malgré la qualité, j'allais me plaindre car il ne dure pas 3h. Je pense qu'Inside raconte tout ce qu'il voulait raconter, sans artifices pour allonger la durée de vie (mis à part la fin secrète mais c'est optionnel).

Après bien entendu c'est mon avis mais en tant que joueur de jeux indé, je ne peux pas rabâcher sans cesse que tel jeu est trop court puisqu'une bonne majorité dure moins de 10h (je ne parle pas des Binding of Isaac ou autre Crypt of the Necrodancer qui virtuellement, ont une durée de vie infinie).

 At0mium

Pour moi c'est l'inverse, la durée de vie est un point fort. L'intensité ne s'obtient que sur un court temps de jeu. Canaliser ses idées pour en faire un titre magistral qui marque, c'est une force et Inside le fait si bien ! Clin d'oeil

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