Rencontre avec le studio Ernestine – 1ère partie, par l'Atelier Sentô

 Atelier Sentô
Rédigé par Atelier Sentô
Publié le 01/12/2016

De passage à Strasbourg, Cécile et Olivier de l'Atelier Sentô ont profité de l'occasion pour rendre visite à leurs collègues d'Ernestine, un sympathique studio indépendant. Suivez-nous pour une visite guidée en deux parties dans les coulisses de la création d'un jeu indépendant...

Un studio au cœur de Strasbourg

Cela fait quelques années que nous suivons, sur internet, le travail d'Antoine Schmoll (à gauche sur la photo) : issu de l'univers des blogs BD, il s'est rapidement orienté vers le jeu vidéo, d'abord par le biais de serious games à portée éducative. C'est d'ailleurs suite à des contrats avec des institutions (notamment l'université de Strasbourg) qu'il a pu ouvrir le studio Ernestine où il nous accueille en compagnie de Sven Duval (à droite sur la photo). Antoine est le graphiste et Sven le développeur.

Les locaux sont spacieux quoiqu'en partie vides. « Il faudrait chercher d'autres créateurs pour partager » nous confie Antoine. C'est dans la pièce du fond, la plus étroite, que les deux compères se sont installés. Plusieurs ordinateurs sont alignés et des croquis sont épinglés aux murs. La décoration sans fioritures crée une ambiance studieuse. Antoine nous avait prévenu : « En ce moment, on a beaucoup de travail... »

Monsieur Paf et le mystère du triangle infini

Manette en main, Antoine et Sven nous font tester Monsieur PAF, un de leurs projets en cours. Dans ce puzzle-game, on incarne un héros musculeux qui devra jouer des poings et se creuser la cervelle pour progresser à travers des ruines labyrinthiques. Nous apprécions les visuels colorés et chaleureux, épurés sans être simplistes. La jouabilité, très agréable, est d'une grande fluidité. Le joueur n'est jamais bloqué : s'il a du mal à résoudre un puzzle, il peut explorer d'autres zones puis revenir sur ses pas.

Les graphismes, animations et level design de Monsieur PAF sont créés sous Flash. C'est l'outil de prédilection d'Antoine depuis l'époque où il débutait dans le jeu vidéo comme animateur 2D : « Ce qui me plaît avec Flash, c'est qu'on peut éditer les graphismes directement à l'intérieur du logiciel. Cela permet de modifier des éléments sans passer par un logiciel de dessin comme Photoshop. Ça simplifie vraiment le processus. »

Monsieur PAF est conçu en 2D isométrique. Chaque élément est dessiné de manière indépendante et peut être positionné sur une grille puis dupliqué autant de fois que nécessaire. « En nous spécialisant dans cette technique, il nous a fallu apprendre à éviter certains pièges comme le triangle infini : une combinaison simple à réaliser en 3D mais complètement impossible en 2D. »

Antoine et Sven esquissent un croquis rapide sur un coin de feuille. En principe, en 2D, trois images qui se chevauchent sont forcément superposées, la première en arrière-plan, la deuxième au milieu et la dernière au premier plan. Mais, dans ce cas précis, la superposition tourne au casse-tête :

Antoine conclut : « Maintenant, quand ce cas de figure se présente et qu'on ne peut l'éviter, on coupe l'un des éléments en deux pour résoudre le paradoxe. »

Un voyage au long cours

La grosse difficulté, lorsqu'on crée un jeu vidéo, c'est qu'on travaille parfois longtemps sur un produit qu'on ne pourra vendre qu'à la toute fin. En général, un jeu terminé permet de financer le suivant. Mais comment faire quand c'est le premier ? D'autant plus qu'Ernestine est une véritable entreprise, avec des coûts (loyer, taxes, salaires, …) même en l'absence de bénéfices. Antoine et Sven ont déposé récemment un dossier de subvention pour Monsieur PAF, auprès du CNC. Si leur demande aboutit, ils pourront continuer l'esprit tranquille et se préoccuper seulement de créer le meilleur jeu possible, pour le plus grand plaisir des joueurs !

Cette rencontre se poursuivra dans un second article à propos d'Apocalypsheim, un jeu très ambitieux qu'Ernestine développe à côté de Monsieur PAF. En attendant, si leur travail vous plaît, n'hésitez pas à aller voir leur site web et à les suivre sur facebook ou twitter.

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6 commentaires

Comments

 TeoM
TeoM 05 décembre 2016 à 18h09

Hé ouiiiii, comme toujours, l'Atelier Sentô nous fait rêver : ...Et si je créais un jeu moi aussi !!! Content

Alors, dans une jolie maison, je vois une petite dame dans son salon... elle joue avec son chat, en lui lançant une pelote de laine... soudain le chat s'arrête, et court vers l'escalier de la cave. Il se poste devant et miaule bizarrement... La vieille dame est étonné, et va pour ouvrir...
Et que se passe t-il ? et bien vous le saurez seulement si un jour je me lance dans Wintermute ou AGS, et que j'arrive au bout du début de cette histoire ! Na !

PS : le lien pour arriver sur cette partie 29 ne marche pas ! Du coup j'ai eu du mal à arriver là. Je veux parler de la liste des liens vers toutes les parties de l'exposé que vous faites, Cécile et Olivier, que l'on trouve dans l'encart de droite.

 Atelier Sentô

Oui, oui, il faut que tu fasses un jeu, même un tout petit : c'est vraiment amusant à créer et quand on voit le résultat, ça a quelque chose de magique !

 Le bibliothécaire du dimanche

Ooooh Joyeux Comme il est agréable de lire une rencontre de deux studios indés dont j'attends beaucoup de choses.
Hâte de lire l'article sur Apocalypsheim !

 Atelier Sentô

Merci pour ce message !
L'article sur Apocalypsheim s'annonce très intéressant : on a beaucoup parlé du projet et c'est évident qu'il a un très fort potentiel ! Et puis, il faut bien l'avouer : qu'est-ce que c'est beau !!!

 Jalounet_38
Jalounet_38 01 décembre 2016 à 15h47

Très intéressante cette petite incursion dans le studio ERNESTINE ! Ca donne envie de se lancer aussi. Je leur souhaite vraiment d'obtenir ces subventions et de pouvoir poursuivre le développement de Mr. Paf plus sereinement!

 Atelier Sentô

Oui, ce qui est génial dans le monde de l'indé, c'est que les créateurs sont très accessibles. On aime beaucoup visiter les studios de nos petits camarades... avec toujours une pointe d'envie car, nous, on travaille à la maison, héhé !