La naissance d'un projet, par l'Atelier Sentô

 Atelier Sentô
Rédigé par Atelier Sentô
Publié le 05/04/2018

Aucune œuvre n'est créée à partir de rien. Comment trouve-t-on les idées d'un nouveau projet ? Quelles sont les influences et les contraintes qui viennent s'y greffer ? Suivons l'Atelier Sentô dans ce nouveau périple.

Récemment, comme on devait préparer une masterclass, on a commencé à réfléchir à un nouveau jeu. Quelque chose de court pour que les élèves puissent réaliser tous les graphismes en 3 jours mais qui propose une ambiance forte.

Comme l'expérience Yûrei Station (petit jeu d'horreur créé avec des lycéens nantais) nous avait plu, nous avons choisi de développer à nouveau une histoire angoissante située dans le Japon rural contemporain. A y réfléchir maintenant, c'est comme si ce nouveau jeu s'imposait comme l'ultime volet d'une trilogie d'histoires d'amour hantées. Après l'école et Yûrei Station mettaient en scène des lycéennes plongées dans une nuit sans fin. Mais cette fois, pour éviter des redites, nous avons cherché de nouvelles perspectives.

Finie la nuit, nous avons opté pour une histoire en plein jour. Dès lors, comment créer une ambiance inquiétante ? Après réflexion, la réponse s'est imposée d'elle-même : en choisissant de situer le récit au cœur de l'hiver. La neige a tout recouvert, isolant un petit village du reste du monde. Les habitants se sont réfugiés chez eux, les rues sont désertes. Le froid s'immisce partout. Le joueur explorera ce village comme une ville fantôme cachant de terribles secrets.

On a donc commencé à dessiner une carte et à y placer les différents bâtiments qui pourront être visités. Nous avions en tête les villes de RPGs japonais qui sont nos passages favoris dans ce type de jeux. Se promener dans les rues, parler aux habitants, faire les magasins. On aimerait passer le jeu entier à y flâner tranquillement… mais il y a un monde à sauver, hélas. En cela, le jeu Attack of the Friday Monsters a été une influence cruciale pour nous : finis les combats, on incarne un petit garçon qui vit sa petite vie tranquille en marge des grands récits. Et, nous, ça nous parle davantage comme ça.

Un nouveau projet, c'est rarement une idée qui jaillit toute prête à servir mais plutôt une série de tâtonnements, d'hésitations entre ce qu'on a déjà fait et ce qu'on aimerait essayer. A ce stade, tout reste à faire : il va falloir créer les personnages, dégager des thématiques, construire l'histoire, installer une ambiance. A suivre dans le prochain épisode, comme on dit !

The Coral Cave - Teaser français

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5 commentaires

Comments

 Fir3fly03

Ho, vous m'avez rappelé "Attack of the Friday Monsters" que j'ai mais que je n'avais pas encore fait à cause de l'anglais. Mon niveau c'est un petit peu amélioré même si l'anglais nuit quand même à mes expériences de jeu pour la compréhension et l'effort supplémentaire à faire, pour le coup il faudrait que je redonne sa chance à ce jeu.

En tout cas curieuse de voir dans quel univers nous allons plonger cette fois. 

 Atelier Sentô

Même si tu ne comprends pas tout, ça vaut le coup de jouer à "Attack of the Friday Monsters" pour les magnifiques décors peints et l'ambiance nostalgique qui s'en dégage.

 Knils
Knils 08 April 2018 à 21h22

Je ne pense pas que je pourrai faire ce que vous faites, même si j'avais le talent et ce quelque-soit le domaine, car je perdrai toute la "magie" de la surprise du rendu final, c'est ce qui rend les choses encore plus magnifique de mon point de vue en tant que spectateur.

Je ne sais pas si c'est une chance ou malchance pour moi de n'avoir aucun talent particulier en création et une imagination proche de zéro, mais peut-être cela me permet-il d'apprécier ou ressentir les œuvres créées d'une manière différente des autres.

Ce que je dis est peut-être une aberration pour vous mais mon avis est loin d'être définitif là-dessus.

 Atelier Sentô

D'un côté, il nous reste une certaine magie à voir les différents dessins s'animer quand le jeu commence à prendre forme mais, d'un autre côté, comme on passe énormément de temps à élaborer chaque élément, il est très difficile de nous mettre dans la peau du joueur et de prévoir ce qu'il va ressentir en découvrant le jeu.
On a un peu l'impression d'avancer en tâtonnant, comme ces peintres de la Renaissance qui peignaient des fresques immenses sur des plafonds sans pouvoir prendre plus de quelques centimètres de recul et ne découvraient le résultat qu'à la fin, quand l'échafaudage était retiré.

Au final, c'est rejouant aux jeux quelques mois ou années après leur sortie qu'on peut enfin les apprécier.

 Knils
Knils 09 April 2018 à 22h20

"Au final, c'est rejouant aux jeux quelques mois ou années après leur sortie qu'on peut enfin les apprécier."

Il est vrai que nous n'avons pas une mémoire infaillible et avec le temps qui passe un souvenir en chasse un autre et donc à force on oublie, c'est parfaitement logique.

Je comprends cela, il faut juste être patient pour retoucher à ses créations afin d'arriver à les apprécier à leurs justes valeurs.